Récemment invité dans l’émission Un monde, un regard, Jonathan Lambert revient avec un projet inattendu : un roman-photo qui mêle enquête policière et humour décalé. À l’heure où les formes satiriques sont questionnées, il explique comment il se réinvente pour que son humour traverse le temps sans s’enfermer dans des recettes.
Une liberté de forme pour éviter la répétition
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L’acteur et auteur, connu notamment pour Qui a volé mes jambes ?, dit choisir ses formats par goût de l’expérimentation plutôt que par calcul. Le roman-photo est pour lui une façon de bousculer les codes, d’échapper aux automatismes et de chercher des angles qui surprennent encore aujourd’hui.
Il affirme préférer raconter des histoires durables plutôt que d’accumuler des gags éphémères. Ce souci de pérennité se retrouve dans ses personnages : rarement des « héros » mais des figures ordinaires que l’on découvre peu à peu et qui restent en mémoire.
Le burlesque, arme contre l’obsolescence des sujets
Pour Lambert, le burlesque et l’humour visuel ont une force durable : leur langage, fondé sur le corps et la situation, vieillit mieux que des références trop ancrées dans un moment précis. Il oppose ainsi la longévité de la comédie physique à la brièveté de certains numéros politiques très contextuels.
Il accepte que des blagues autrefois acceptées ne conviennent plus aujourd’hui. Plutôt que de s’enfermer dans la nostalgie, il préfère la remise en question, ajustant son écriture aux évolutions sociales et culturelles.
Burlesque et précision narrative : ce mélange, selon lui, permet d’aborder des sujets sensibles sans les rendre obsolètes.
Satire des pouvoirs : du théâtre au réel
Lambert rappelle que la mise en scène du pouvoir a toujours quelque chose d’artistique — une sorte de spectacle où l’ego joue un rôle central. Il se place dans la lignée d’artistes qui ont exploité ce décalage pour révéler l’absurde chez ceux qui gouvernent.
Il a même conçu un spectacle intitulé Looking for Kim, jeu de mots et mise en scène des traits caricaturaux des autocrates contemporains. Si certains traits se répètent — faim de pouvoir, mise en scène de l’autorité —, il souligne que la trajectoire vers l’autoritarisme peut être progressive : beaucoup de dirigeants ne deviennent pas tyrans du jour au lendemain.
Le basculement de figures politiques déjà évoquées dans ses numéros, comme Donald Trump, se prête désormais à de nouvelles lectures après des événements marquants (notamment l’attaque du Capitole en 2021), enrichissant le matériau satirique.
- Ce que Lambert privilégie : des personnages singuliers plutôt que des caricatures éphémères.
- Son outil : des formes visuelles (roman-photo, burlesque) qui traversent mieux le temps.
- Sa méthode : une remise en question constante des limites du comique et du contexte social.
Interrogé sur son rapport à la célébrité, il reconnaît une part de vanité, tout en affirmant vouloir laisser des récits qui survivent après lui — davantage que des vannes passagères.
L’entretien complet peut être visionné dans l’émission Un monde, un regard, où il détaille ses choix artistiques et sa façon d’aborder des sujets politiques avec humour.

Julien Martel analyse l’actualité locale, nationale et internationale avec un regard factuel et accessible. Vous bénéficiez de ses décryptages pour comprendre les événements mondiaux et leurs répercussions concrètes sur votre quotidien. Son approche privilégie la clarté, le contexte et l’utilité de l’information.









