Gabriel Attal pour la présidentielle : Patriat demande de patienter jusqu’à l’automne

En quittant la tête de Renaissance et en affirmant son « désaccord avec la ligne » de Gabriel Attal, Élisabeth Borne bouleverse le calendrier de la majorité à moins de deux ans de l’élection présidentielle. Ce retrait, accompagné du lancement d’une structure personnelle, ouvre une nouvelle fracture dans la macronie et relance la question du tempo de la campagne pour 2027.

La décision de l’ancienne Première ministre de se retirer de la direction du mouvement et de créer « Bâtissons ensemble » — jeu de mots sur ses initiales — n’est pas anecdotique : plusieurs personnalités proches du courant présidentiel lui ont déjà apporté leur soutien, selon Le Parisien. Ce repositionnement arrive alors que Gabriel Attal est attendu pour annoncer prochainement sa candidature à la présidentielle.

Un coup d’accélérateur qui inquiète à l’intérieur du parti

Interrogé mercredi sur Public Sénat, François Patriat, président du groupe RDPI au Sénat, a pris la parole pour temporiser. Reconnaissant des divergences anciennes entre Borne et Attal, il a surtout critiqué le calendrier : pour lui, se lancer trop tôt dans la campagne risque d’être contre‑productif.

Patriat rappelle que l’enjeu n’est pas seulement personnel : il s’agit de préserver l’unité du camp centriste face aux extrêmes. Il propose d’attendre l’automne pour trancher sur le meilleur candidat capable d’incarner cette alternative, plutôt que de verrouiller une candidature dès aujourd’hui.

Qui rejoint Élisabeth Borne ?

  • Eric Dupond‑Moretti
  • Agnès Buzyn
  • Nicole Belloubet
  • Marc Ferracci
  • Astrid Panosyan‑Bouvet
  • Les députés Stéphane Travert et Guillaume Gouffier‑Valente

Ce ralliement partiel illustre la porosité des clivages au sein de la majorité : des ministres et élus issus de la même famille politique peuvent se retrouver aujourd’hui sur des positions différentes quant au rythme et à la méthode pour désigner un candidat.

Attal face à un dilemme de timing

Du côté de l’Élysée et des soutiens d’Emmanuel Macron, on défend la légitimité de Gabriel Attal à présenter un projet et à se montrer dès maintenant. Il a publié un livre et multiplie les interventions publiques — autant d’éléments que ses partisans estiment nécessaires pour structurer une candidature.

Pour François Patriat, cependant, afficher une candidature précocement revient à « figer les choses » et à affaiblir la capacité du mouvement à s’adapter. Il se dit également hostile à l’idée d’une primaire, tout en s’opposant à ce que le choix se fasse uniquement sur la base de sondages : « Que fera‑t‑on si deux candidats sont à égalité ? » a‑t‑il interrogé.

Conséquence immédiate : la campagne pour 2027 pourrait commencer sous le signe de la division interne plutôt que sur un discours unifié, ce qui offre une marge de manœuvre aux oppositions.

Que retenir pour les mois à venir ?

  • Temps politique : la majorité est partagée sur la date à laquelle engager formellement la bataille présidentielle.
  • Risques : une annonce prématurée pourrait cristalliser des rivalités et compliquer la consolidation d’un projet commun.
  • À surveiller : les prises de position d’autres ténors de la majorité et la façon dont Attal gérera sa montée en visibilité.

À l’approche de 2027, chaque mouvement interne compte. Si l’initiative d’Élisabeth Borne fragilise le calendrier voulu par certains, elle oblige aussi les responsables du camp présidentiel à clarifier leurs règles du jeu — et rapidement, si l’on veut éviter que la compétition interne ne tourne à l’affaiblissement collectif.

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