Un nouveau sondage éclaire d’un jour inédit la bataille municipale parisienne : pour la première fois, cinq listes pourraient atteindre le seuil nécessaire pour se maintenir au second tour. À l’heure où la règle du maintien et la réforme du mode de scrutin redistribuent les cartes, l’arrivée possible de la candidate de Reconquête change les équilibres locaux et oblige tous les camps à repenser leurs stratégies.
Un scénario inédit qui complexifie la course
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L’étude menée par Cluster 17 pour Politico place Emmanuel Grégoire nettement en tête, mais révèle surtout une dynamique qui pourrait permettre à cinq listes de franchir la barre. Cette configuration — évoquée par certains comme un quinquangulaire — n’a jamais été observée à Paris et promet un second tour beaucoup plus fragmenté que d’habitude.
| Candidat / Liste | Intention de vote | Évolution récente |
|---|---|---|
| Emmanuel Grégoire (union de la gauche) | 33 % | +3 pts |
| Rachida Dati (LR) | 26 % | -1 pt |
| Pierre-Yves Bournazel (Renaissance / Horizons) | 14 % | — |
| Sarah Knafo (Reconquête) | 10 % | +4 pts |
| Thierry Mariani (RN) | 4 % | — |
Pourquoi le seuil des 10 % compte
En vertu de la règle en vigueur, une liste doit obtenir au moins 10 % des suffrages pour rester en lice au second tour. La percée de Sarah Knafo, passée à ce niveau dans ce sondage, ferait entrer Reconquête dans le jeu et modifierait les possibilités d’alliance et d’arithmétique électorale.
- Un maintien à cinq obligerait le ou la futur(e) élu(e) à négocier pour rassembler une majorité, faute d’emporter automatiquement la majorité des sièges.
- La nouvelle règle de prime majoritaire — abaissée à 25 % contre 50 % auparavant — augmente le risque d’un exécutif sans majorité absolue au Conseil de Paris.
- Selon les calculs des équipes, il faudrait environ 32–33 % pour obtenir la majorité absolue avec la prime actuelle, un seuil rendu plus difficile à atteindre en cas de fragmentation.
Réactions politiques et lignes de fracture
À gauche, l’irruption possible d’une liste d’extrême droite suscite inquiétude : plusieurs responsables pointent la responsabilité de la réforme du mode de scrutin, qu’ils jugent avoir « introduit de l’aléa » dans une ville où les extrêmes sont traditionnellement faibles.
Chez les soutiens de Sarah Knafo, on se félicite de la dynamique et on estime pouvoir capter des électeurs à droite ainsi que des abstentionnistes. Les équipes n’excluent pas de peser sur le débat national, tout en assurant viser la victoire locale.
Du côté de Rachida Dati et des Républicains, on tempère : les cadres évoquent la multiplication des sondages et préfèrent rappeler la stratégie du « vote utile » pour rassembler les électeurs du camp conservateur et limiter l’émiettement.
Tensions chez Horizons et accusations croisées
La situation interne à la liste de Pierre-Yves Bournazel alimente elle aussi la polémique : un élu Horizon a affirmé que certains viseraient à faire élire « un maire de gauche » lors du vote au Conseil après l’élection, une accusation qualifiée de manipulation par l’entourage de Bournazel, qui réfute tout accord avec la gauche et revendique une position d’alternance.
Ces développements interviennent alors que la campagne s’accélère : changements de direction de campagne, démissions et prises de position publiques rythment désormais la course. Les uns voient des manœuvres, les autres insistent sur la nécessité de rester concentrés sur le projet présenté aux Parisiens.
Ce que surveiller dans les prochaines semaines
Plusieurs éléments seront déterminants pour la suite :
- La capacité de chaque liste à convertir sa dynamique en voix effectives le jour du scrutin.
- Les possibles fusions ou retraits entre le premier et le second tour, notamment si des écarts se réduisent entre Dati et Grégoire.
- L’impact de la campagne nationale et des transferts d’élus sur les équilibres locaux.
Au final, ce sondage ne tranche rien mais resserre les enjeux : la marge entre des candidats qui pourraient se maintenir est fine, et la nouvelle mécanique électorale multiplie les scénarios. Pour les Parisiens, la question immédiate reste pratique et concrète — qui gouvernera la capitale et avec quelle majorité — et les semaines qui viennent seront décisives pour le paysage municipal.

Julien Martel analyse l’actualité locale, nationale et internationale avec un regard factuel et accessible. Vous bénéficiez de ses décryptages pour comprendre les événements mondiaux et leurs répercussions concrètes sur votre quotidien. Son approche privilégie la clarté, le contexte et l’utilité de l’information.








