Lorsque le loueur en meublé professionnel cède un immeuble inscrit à l’actif de son bilan, la fiscalité qui s’applique peut rapidement devenir technique et lourde de conséquences. Vous trouverez dans ce texte une explication claire des règles d’imposition de la plus-value, des cotisations sociales éventuelles et des prélèvements sociaux, en tenant compte de la durée de détention et du traitement comptable des amortissements. Les notions essentielles sont mises en lumière pour faciliter vos choix au moment de la cession.
Comment la plus-value d’un LMP est-elle imposée?
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Le régime fiscal applicable dépend d’abord du statut professionnel et de la qualification de la plus-value en tant que plus-value professionnelle. Lorsque le loueur est reconnu comme professionnel au sens fiscal, l’imposition relève du régime des plus-values professionnelles en matière d’impôt sur le revenu. Les règles diffèrent selon que le bien est amortissable ou non.
Pour un bien amortissable, la durée de détention fait varier le traitement fiscal. Si le bien a été détenu depuis moins de 2 ans, la plus-value brute entre dans le barème progressif de l’impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux. Lorsque la détention atteint 2 ans ou plus, la fraction correspondant aux amortissements déduits est soumise au barème progressif, tandis que l’excédent bénéficie d’un taux forfaitaire de 12,80 %.
Pour les biens non-amortissables, comme un terrain, l’imposition se simplifie et se fonde uniquement sur la durée de détention. Moins de 2 ans et la plus-value est taxée selon le barème progressif. À partir de 2 ans, elle est imposée au taux forfaitaire de 12,80 %, sans application d’un partage entre amortissements et surplus.
| Type de bien | Durée < 2 ans | Durée ≥ 2 ans |
|---|---|---|
| Bien amortissable | Plus-value brute soumise au barème progressif de l’IR | Part amortissements soumis au barème progressif ; excédent à 12,80 % |
| Bien non-amortissable | Barème progressif de l’IR | Taux forfaitaire de 12,80 % |
Quelles cotisations sociales s’appliquent en cas de cession?
Le statut de LMP implique une affiliation au régime social des travailleurs non-salariés (TNS) et à la sécurité sociale des indépendants. La plus-value réalisée lors de la cession peut donc, selon les situations, être assujettie aux cotisations sociales TNS.
Pour les biens détenus moins de 2 ans, qu’il s’agisse de terrains ou de constructions, la plus-value supporte généralement les cotisations sociales TNS classiques. Le taux effectif dépend des revenus globaux et des règles applicables au moment de la cession, mais il est souvent estimé aux alentours de 45 % en cumulé pour certains régimes contributifs.
Lorsque la détention atteint au moins 2 ans, les règles s’affinent. Les terrains échappent aux cotisations sociales mais restent soumis aux prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine au taux de 18,6 %. Pour les constructions amortissables, la quote-part correspondant aux amortissements déduits reste assujettie aux cotisations TNS, tandis que l’excédent se limite aux prélèvements sociaux au taux de 18,6 %.
Quelles exonérations et abattements peuvent réduire l’imposition?
Plusieurs dispositifs peuvent alléger voire annuler la taxation fiscale de la plus-value en LMP. Ces mécanismes concernent tant l’impôt sur le revenu que, dans certains cas, les prélèvements sociaux. Il convient d’évaluer chaque option selon votre situation pratique.
Deux dispositifs principaux sont à connaître. Premièrement, l’exonération fondée sur le niveau de recettes: un LMP en activité depuis au moins 5 ans et dont le chiffre d’affaires n’excède pas 90 000 euros peut bénéficier d’une exonération totale de la plus-value. Deuxièmement, l’abattement pour durée de détention qui propose un mécanisme d’amortissement de l’impôt au-delà de la 5e année.
- Exonération selon les recettes : activité ≥ 5 ans et recettes ≤ 90 000 € → exonération totale possible.
- Abattement pour durée : après la 5e année, abattement de 10 % par année sur la plus-value imposable, selon conditions.
Il est important de noter que ces dispositifs fiscaux ne suppriment pas l’application des cotisations sociales. Les exonérations d’impôt n’entraînent pas automatiquement une exonération des contributions TNS qui suivent des règles spécifiques et souvent indépendantes des allègements fiscaux.

Claire Duhamel suit l’économie locale tout en intégrant les grandes tendances internationales. Vous découvrez à travers ses articles comment les marchés, les entreprises et l’innovation mondiale influencent l’activité économique et les opportunités professionnelles.








