Lors de la création de votre activité, l’apporteur d’affaires indépendant doit choisir entre l’impôt sur le revenu (IR) et l’impôt sur les sociétés (IS), une décision qui influence la rémunération, la protection sociale et la fiscalité sur les dividendes. Ce choix intervient très tôt dans le montage juridique et fiscal de l’entreprise et mérite une analyse fine des conséquences. Les informations suivantes expliquent les différences de traitement, les statuts concernés et les critères à retenir pour éclairer votre décision.
Quel régime fiscal correspond le mieux à votre activité?
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Deux régimes d’imposition coexistent pour les bénéfices : IR et IS. Le régime de l’IR assimile la société à une transparence fiscale où le bénéfice est taxé au niveau des associés. Le régime de l’IS impose la société elle-même, puis les dirigeants sont imposés sur les sommes qu’ils retirent.
Dans la pratique, l’IR s’applique souvent aux structures où le bénéfice est transmis directement au foyer fiscal de l’entrepreneur. Les taux du barème progressif s’échelonnent et vont de 0 à 45 % selon le revenu global. En revanche, l’IS présente un taux normal autour de 25 % avec un taux réduit à 15 % sur une partie des premiers bénéfices.
Les règles de déductibilité diffèrent fortement entre les deux régimes. Sous IS, les rémunérations des dirigeants et les charges sociales sont déductibles du résultat fiscal. À l’IR, le bénéfice imposable n’intègre pas la déductibilité des rémunérations du dirigeant comme charge de société.
Quels statuts juridiques sont concernés par l’IR ou l’IS?
Le choix du statut juridique détermine le régime fiscal applicable de plein droit ou ouvre une option pour l’autre régime. Certaines formes juridiques relèvent naturellement de l’IR, d’autres de l’IS, et plusieurs permettent une option temporaire ou définitive. Il est essentiel de contrôler ces règles au moment de l’immatriculation.
| Régime fiscal de droit | Exemples de statuts |
|---|---|
| IR | Entreprise individuelle (EI), Société en nom collectif (SNC), EURL avec associé personne physique |
| IS | SARL, EURL avec associé personne morale, SAS / SASU, SA |
Plusieurs statuts peuvent toutefois opter pour l’autre régime sous conditions. L’option pour l’IS est souvent possible pour l’EI, la SNC et certaines EURL pour une durée illimitée. À l’inverse, l’option pour l’IR depuis l’IS reste fréquemment limitée à quelques exercices et soumise à conditions spécifiques.
Comment sont traités rémunération et dividendes selon le régime?
Le mode d’imposition influe directement sur la nature des revenus perçus par l’apporteur d’affaires. Sous IS, la société paie l’impôt sur son bénéfice puis tout versement au dirigeant devient soit une rémunération soit un dividende, chacun ayant un traitement fiscal distinct. Sous IR, le bénéfice est intégré au revenu global et imposé au barème progressif.
Les dividendes perçus depuis une société soumise à l’IS subissent le prélèvement forfaitaire unique ou peuvent être soumis au barème après abattement selon l’option. Les rémunérations des dirigeants sont imposées dans la catégorie des traitements et salaires et sont déductibles du résultat de la société lorsque l’entreprise est à l’IS.
Le régime micro-entreprise peut s’avérer attractif pour les petits projets car il propose des formalités allégées et un abattement forfaitaire pour charges. En revanche, ce régime limite la possibilité d’optimisation des charges et ne convient pas toujours aux structures amenées à distribuer des dividendes.
Quels éléments retenir pour choisir entre IR et IS?
Plusieurs critères déterminent le régime le plus adapté : l’ampleur du projet, la part du bénéfice que vous comptez percevoir personnellement, votre taux marginal d’imposition et la présence éventuelle d’une holding. Il convient aussi d’évaluer la présence d’exonérations locales ou de déficits initiaux.
- Prévision de revenus personnels et taux marginal d’imposition
- Besoin de laisser des bénéfices dans la société pour investir
- Souhait de percevoir des dividendes ou de privilégier une rémunération
- Existence d’une société mère ou d’une structure de groupe
Les apporteurs d’affaires imposés dans les tranches hautes du barème peuvent trouver l’IS avantageux pour lisser leurs revenus et retarder l’imposition. À l’inverse, l’IR reste pertinent lorsque la fiscalité personnelle reste faible ou en présence d’exonérations qui profitent directement au foyer fiscal.

Claire Duhamel suit l’économie locale tout en intégrant les grandes tendances internationales. Vous découvrez à travers ses articles comment les marchés, les entreprises et l’innovation mondiale influencent l’activité économique et les opportunités professionnelles.








