La loi de finances pour 2026 a ouvert une voie inédite pour les propriétaires: un statut de bailleur privé qui permet de réduire l’imposition grâce à la déduction de l’amortissement des biens loués. Ce dispositif redessine les règles du jeu pour la gestion patrimoniale et fiscale des logements, en liant directement le montant de l’avantage à la nature du logement, au loyer et aux ressources du locataire. En lisant cet article, vous retrouverez l’essentiel des conditions d’accès, des obligations à respecter et des mécanismes de calcul afin d’évaluer rapidement si ce dispositif peut vous concerner.
Qui peut prétendre au statut de bailleur privé?
Comment trouver et aménager un appartement atypique à Paris ?
Les 12 activités incontournables à faire dans le Var
Le statut s’adresse aussi bien aux personnes physiques qu’à certaines personnes morales. La société candidate doit relever de l’impôt sur le revenu et non de l’impôt sur les sociétés, ce qui exclut les entités soumises à l’IS.
Le propriétaire doit opter pour un régime réel d’imposition et ne pas être affilié au régime du micro-foncier. Le bien ou les titres de la société doivent être détenus en pleine propriété, le bénéfice n’étant pas ouvert aux biens démembrés.
Quels types de logements et quelles dates d’acquisition sont éligibles?
L’avantage concerne exclusivement les bâtiments d’habitation collectifs formés d’au moins trois logements partiellement ou totalement superposés. Les opérations neuves, l’état futur d’achèvement et les constructions répondent naturellement aux critères d’éligibilité.
Les logements anciens peuvent aussi prétendre au régime, mais sous conditions strictes: réhabilitation lourde ou travaux aboutissant à la production d’un immeuble neuf. L’acquisition ou la demande de permis doit intervenir entre le 21 février 2026 et le 31 décembre 2028, ce qui impose un calendrier contraint aux investisseurs.
Quelles obligations pour la mise en location et qui peut être locataire?
Seule la location nue à usage d’habitation ouvre droit à l’avantage. Le propriétaire s’engage à louer le logement comme résidence principale du locataire pendant une durée minimale de 9 années, ce qui implique une stratégie locative de long terme.
Le logement doit être mis en location dans les 12 mois suivant la date d’acquisition ou l’achèvement des travaux. Le montant du loyer ne doit pas excéder des plafonds qui varient selon la localisation et la catégorie de la location (intermédiaire, sociale, très sociale).
Le locataire ne peut pas appartenir au foyer fiscal du bailleur et ne doit pas être parent jusqu’au 2e degré inclus. Enfin, l’accès au dispositif est conditionné au respect d’un plafond de ressources du locataire, fixé en fonction de la zone géographique.
Pour bénéficier du statut, le propriétaire doit exercer une option lors du dépôt de sa déclaration de revenus ou de résultat l’année de l’acquisition ou de l’achèvement. Une déclaration spécifique n° 2044 est à compléter pour formaliser ce choix.
Comment se calcule l’avantage fiscal et quels sont les taux applicables?
L’élément central du dispositif consiste en la déduction de l’amortissement du bien immobilier des revenus fonciers. Le montant annuel correspond à la base amortissable multipliée par le taux d’amortissement, qui varie selon la nature de la location et le type du logement.
La base amortissable prend en compte le prix d’acquisition net de certains frais (hors frais de notaire, droits d’enregistrement et commissions) et peut être majorée des travaux de réhabilitation. Ce calcul conditionne fortement l’économie fiscale générée chaque année.
| Nature de la location | Taux pour logement neuf ou EFA | Taux pour logement à réhabiliter |
|---|---|---|
| Location intermédiaire | 3,5 % | 3 % |
| Location sociale | 4,5 % | 3,5 % |
| Location très sociale | 5,5 % | 4 % |
Un plafonnement encadre toutefois l’avantage: le total des amortissements ne peut excéder 8 000 euros par an et par foyer fiscal. Des majorations peuvent s’appliquer sous conditions mais elles restent strictement encadrées.
Lorsque l’amortissement génère un déficit foncier, ce déficit est reportable et imputable sur les revenus fonciers des dix années suivantes. Sous conditions spécifiques, il peut également réduire le revenu global imposable, modifiant ainsi le bilan fiscal du propriétaire à long terme.
Quelles démarches administratives et quels points de vigilance?
La qualité de la documentation et le respect des formulaires sont décisifs pour sécuriser l’avantage fiscal. L’option pour le régime réel et le remplissage de la déclaration n° 2044 doivent être réalisés avec soin afin d’éviter des redressements ultérieurs.
Vous gagnerez à conserver tous les justificatifs liés à l’acquisition, aux travaux et aux éléments servant au calcul de la base amortissable. Les contrôles portent souvent sur la réalité des travaux, la conformité du logement à la description et le respect des plafonds de loyer et de ressources.
Voici quelques points pratiques à vérifier dès le départ:
- Statut fiscal de l’entité détentrice (IR vs IS).
- Dates d’acquisition ou de permis bien positionnées entre février 2026 et décembre 2028.
- Conformité des loyers et plafonds de ressources appliqués au locataire.
Enfin, il peut être opportun de solliciter un expert-comptable ou un conseil fiscal pour chiffrer précisément l’impact et valider la meilleure stratégie d’affectation du bien au regard de votre situation patrimoniale.

Claire Duhamel suit l’économie locale tout en intégrant les grandes tendances internationales. Vous découvrez à travers ses articles comment les marchés, les entreprises et l’innovation mondiale influencent l’activité économique et les opportunités professionnelles.









