LFI-PS: Coquerel se félicite du recul du PS sur sa stratégie à gauche

Interrogé ce matin sur Public Sénat, le député de Seine‑Saint‑Denis Éric Coquerel a salué le tournant pris par la France insoumise dans ces municipales et évoqué la possibilité d’accords locaux avec le Parti socialiste pour empêcher des victoires de la droite ou de l’extrême droite. Ce jeu d’alliances, déjà visible dans plusieurs grandes villes, peut modifier le rapport de force municipal — et au‑delà, influencer la donne politique nationale.

Une campagne préparée « autrement » que naguère

Selon Éric Coquerel, la performance de la France insoumise découle d’une préparation plus structurée que lors du scrutin municipal de 2020, quand le mouvement avait parfois soutenu des listes citoyennes sans investir pleinement ses forces. Cette fois, LFI s’est présentée avec des candidatures et des campagnes locales plus étoffées, permettant d’atteindre le second tour dans de nombreuses villes.

Le député a insisté sur le fait que ces progrès ne sont pas anecdotiques : ils montrent, selon lui, que la gauche insoumise peut diriger des communes importantes et peser sur les décisions municipales.

Accords locaux avec le PS : pragmatisme ou nécessaire « responsabilité » ?

Sur les négociations entre LFI et le Parti socialiste, Éric Coquerel a salué le changement de ton de certains socialistes qui ont accepté des rapprochements au niveau local, même si la direction nationale avait écarté l’idée d’un accord global avant le premier tour. Olivier Faure, qui avait initialement refusé une alliance nationale, a dit comprendre les décisions locales de fusion de listes après le premier tour.

  • Villes concernées : Nantes, Toulouse, Avignon, Clermont‑Ferrand, Brest, Limoges, Lyon — où LFI a pu se maintenir et envisager des fusions.
  • Objectif affiché : empêcher des basculements à droite ou à l’extrême droite au second tour.
  • Conséquence : recomposition des majorités municipales et épreuve pour la cohérence programmatique des listes de gauche.

Pour Coquerel, l’enjeu dépasse les étiquettes : quand le risque d’une victoire du Rassemblement national ou d’une droite conservatrice est réel, il faut accepter des compromis tactiques pour protéger des villes clés.

Deux points chauds : Marseille et Paris

Marseille incarne, selon lui, un exemple de désaccord public entre socialistes et insoumis. Le maire sortant Benoît Payan, arrivé en tête (36,7 %) devant le candidat RN Franck Allisio (35,02 %), a refusé d’engager des négociations avec Sébastien Delogu (11,94 %). Éric Coquerel a jugé ce choix « historquement regrettable » et demandé à Payan de revenir sur sa décision, sans fermer la porte à une éventuelle rétractation de Delogu si la situation évoluait.

À Paris, la division entre Emmanuel Grégoire (PS) et Sophia Chikirou (LFI) retient également l’attention. Grégoire, en tête avec une avance confortable sur Rachida Dati, a demandé aux électeurs des listes concurrentes de se reporter sur sa liste pour faire barrage à la droite. Sophia Chikirou, elle, exclut de se retirer, ce qui laisse la capitale en suspens avant le second tour. Coquerel a qualifié d’irresponsable l’absence de rapprochement entre les deux camps quand l’objectif commun est d’éviter un basculement de Paris.

Ce que cela signifie pour les électeurs

À court terme, ces arrangements locaux détermineront quelles municipalités resteront à gauche et lesquelles changeront de main. À moyen terme, la manière dont la gauche s’articule face à la montée du RN peut influer sur la reconstruction d’une alternative unie ou fragmentée.

  • Pour les électeurs : l’issue des alliances conditionnera la majorité municipale et les politiques locales (transports, logement, services publics).
  • Pour les partis : succès ou échec des rapprochements locaux seront interprétés comme des signaux avant les échéances nationales.
  • À suivre : décisions de retrait ou de fusion avant le second tour et réactions des électeurs déçus ou mobilisés par ces choix tactiques.

La campagne municipale entre maintenant dans une phase décisive : les prochains jours, marqués par des négociations locales et des appels au vote, diront si la stratégie pragmatique vantée par LFI suffit à contenir l’expansion de la droite et de l’extrême droite dans les grandes villes.

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