À Marseille, la course pour la mairie bascule en un duel à trois après le retrait d’une candidature et la décision de la tête de liste LR de maintenir sa présence au second tour. Cette configuration, annoncée mardi, redessine les enjeux locaux : qui pourra empêcher la percée du Rassemblement national et quel fonctionnement pour le prochain conseil municipal ?
Mardi en milieu de journée, Sébastien Delogu (La France insoumise) a renoncé à poursuivre son effort dans la bataille pour la mairie centrale, invoquant la nécessité de faire barrage à l’extrême droite. Ses listes restent toutefois présentes dans certains arrondissements, un choix qui nourrit des interrogations sur les alliances de second tour.
Aux résultats du premier tour, la liste conduite par Franck Allisio (RN) a recueilli environ 35 % des voix, juste derrière la liste d’union de gauche menée par le maire sortant, Benoît Payan (environ 36,7 %). Martine Vassal, pour la droite et le centre, est arrivée en troisième position avec près de 12,4 % et a confirmé qu’elle déposerait bien sa liste pour le second tour.
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Interrogée au micro de Public Sénat, Martine Vassal a justifié son maintien par la cohérence de son engagement et par la conviction que son projet est le seul réalisable face aux propositions adverses. Malgré des chances réduites de victoire, elle a évoqué la possibilité d’un retournement de situation — comparant, sans le nommer, sa stratégie à des « remontées » sportives bien connues des Marseillais — et a assuré que sa liste était déjà déposée.
Un second tour à forts enjeux locaux
Vassal a particulièrement ciblé le bilan du maire sortant, l’accusant d’avoir laissé le terrain propice à la progression du RN en six ans sans traiter efficacement les questions de sécurité ni lancer de grands projets. Selon elle, cette combinaison a alimenté une colère locale, renforcée par une dynamique nationale en faveur de l’extrême droite.
Elle a aussi critiqué la manière dont le débat public a été animé ces derniers mois, reprochant à l’édile d’avoir importé sur la scène municipale des tensions liées au conflit israélo-palestinien et d’avoir pris des décisions culturelles controversées. Sur le retrait de M. Delogu, elle a dit percevoir des arrangements politiques, estimant que la manœuvre rapproche Benoît Payan d’une représentation de l’« extrême gauche » — formulation qu’elle a tenue lors de l’entretien.
- Configuration : une triangulaire entre la gauche unie, le RN et la droite-centre.
- Gouvernance : risque d’un conseil municipal fragmenté et de débats vifs, selon les opposants.
- Sécurité et projets locaux : thèmes centraux qui ont pesé dans le vote et seront au cœur des négociations.
- Stratégies de second tour : maintien des listes, retraits ciblés et alliances partielles restent possibles.
Pour l’élue LR, l’alternative au second tour se résume selon elle à deux dangers : une majorité de gauche appuyée localement par La France insoumise, d’un côté, et une opposition de droite devenue d’extrême droite, de l’autre. Elle craint que le nouveau conseil municipal ne reproduise une logique de blocage et d’« hystérisation » des débats comparable, selon elle, à celle observée récemment à l’Assemblée nationale.
Les prochains jours seront décisifs : candidats et électeurs vont devoir mesurer les coûts politiques d’un maintien ou d’un retrait, et évaluer qui, concrètement, peut faire barrage au RN dans la cité phocéenne. Les dynamics locales — reports de voix, tractations d’appareil, mobilisation des abstentionnistes — détermineront l’issue du scrutin.
Retrouvez tous les résultats et la cartographie des scores par commune grâce à notre carte interactive ci‑dessous.

Julien Martel analyse l’actualité locale, nationale et internationale avec un regard factuel et accessible. Vous bénéficiez de ses décryptages pour comprendre les événements mondiaux et leurs répercussions concrètes sur votre quotidien. Son approche privilégie la clarté, le contexte et l’utilité de l’information.









