Henri Leroy se range derrière Éric Ciotti : rupture avec LR après concessions à Macron

Le sénateur des Alpes-Maritimes Henri Leroy quitte Les Républicains pour rejoindre l’UDR dirigée par Éric Ciotti, un mouvement qu’il a soutenu pendant les municipales. Ce changement intervient à quelques mois des sénatoriales et pourrait modifier l’équilibre local — et peser sur la recomposition de la droite au Palais du Luxembourg.

Rupture motivée par des désaccords stratégiques

Élu en 2015 et ancien officier de gendarmerie, Henri Leroy explique son départ par un divorce politique avec la direction des Républicains, qu’il accuse d’avoir renoncé à l’esprit de rassemblement des formations gaullistes historiques et d’avoir fait des compromis avec l’exécutif. La campagne municipale a amplifié ce mouvement : Leroy avait publiquement soutenu Éric Ciotti face à Christian Estrosi, désormais rallié à Horizons.

Le sénateur insiste toutefois sur une distance avec les positions du Rassemblement national, qu’il ne souhaite pas confondre avec l’UDR. Il affirme partager la même sensibilité que beaucoup d’élus issus du RPR/UMP/LR mais dit conserver des divergences sur la politique économique et la question des retraites.

Quelles suites au Sénat ?

La bascule de Leroy signifie aussi son retrait du groupe LR au Palais du Luxembourg. Il devrait rejoindre les non-inscrits, où siègent aujourd’hui les sénateurs du RN et l’ancien proche d’Éric Zemmour, Stéphane Ravier. Cette option reflète la difficulté pour certains parlementaires de rester attachés à un groupe dont ils dénoncent l’orientation.

Bruno Retailleau, président du parti, a dit à Leroy qu’il regrettait sa décision, selon l’intéressé ; nos sollicitations adressées au patron des LR sont restées sans réponse.

Objectif : une « liste d’union des droites » pour septembre

Leroy annonce son intention de se représenter aux sénatoriales de septembre sur une liste qu’il souhaite rassembler autour d’Éric Ciotti. Il évoque en particulier Charles-Ange Ginésy, président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, comme tête de liste possible, estimant que sa capacité à fédérer les élus locaux serait déterminante.

Selon lui, cette alliance pourrait rapporter « trois voire quatre sièges » sur les cinq que compte la circonscription des Alpes-Maritimes — un territoire historiquement verrouillé par Les Républicains.

  • Nombre de sièges en jeu : 5 dans les Alpes-Maritimes.
  • Calendrier : renouvellement sénatorial partiel en septembre (1/2 du Sénat tous les trois ans).
  • Enjeu local : pertes municipales récentes (Nice, Menton, Cagnes-sur-Mer) susceptibles de réduire le nombre de grands électeurs LR.
  • Conséquence nationale : déplacement possible d’élus vers une majorité RN ou vers des formations non alignées au groupe LR.

Un paysage local déjà remanié

Les municipales ont redistribué les cartes dans les Alpes-Maritimes, fragilisant la domination de longue date des Républicains. Ce basculement municipal menace d’éroder la base électorale qui permettait jusque-là à la droite classique de conserver ses sièges au Sénat.

Du côté des élus LR, la réaction est vive : Dominique Estrosi Sassone, chef de file LR en 2020, a demandé une clarification de la ligne du parti face à l’extrême droite et s’est publiquement inquiétée des choix stratégiques récents au sommet des Républicains.

Pourquoi cette affaire compte aujourd’hui

À moins de six mois du scrutin sénatorial, chaque départ pèse double : il modifie la géographie des alliances locales et peut influer sur la majorité au Sénat. Pour les observateurs, la recomposition qui s’amorce dans les Alpes-Maritimes est un indicateur de la fragmentation de la droite française et de la façon dont les forces centrifuges issues des municipales se traduiront dans les assemblées.

Les prochains mois seront déterminants : confirmation des têtes de liste, calcul des grands électeurs et choix de certains sénateurs encore indécis pourraient transformer une escapade locale en tendance nationale. Les regards sont maintenant tournés vers la composition finale des listes et les décisions de personnalités comme Charles-Ange Ginésy.

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