Proposée mardi matin par le ministère des Affaires étrangères pour succéder à Jack Lang, Anne-Claire Legendre pourrait devenir la première femme à diriger l’Institut du monde arabe si son élection est confirmée par le conseil d’administration réuni à Paris. La candidature intervient au lendemain de la démission de M. Lang et s’accompagne d’un appel à des réformes profondes de l’institution.
Selon le communiqué du ministre Jean‑Noël Barrot et des sources diplomatiques, la nomination de Mme Legendre devrait être validée sans difficulté : diplomate de carrière, arabophone et spécialiste du Maghreb et du Moyen‑Orient, elle rassemble l’adhésion d’une majorité des membres du conseil, y compris des représentants de pays arabes.
Un choix attendu et consensuel
Plusieurs membres du conseil mettent en avant son expérience au contact des dossiers régionaux et son rôle actuel à l’Élysée, où elle est conseillère pour l’Afrique du Nord et le Moyen‑Orient. Ancienne porte‑parole du ministère des Affaires étrangères, elle est réputée pour ses qualités de négociatrice et sa connaissance fine des sociétés arabes contemporaines.
Âgée de 46 ans et originaire de Bretagne, Anne‑Claire Legendre est diplômée de Sciences Po et de la Sorbonne, et a suivi des études d’arabe à l’Inalco. Son profil technique et diplomatique apparaît comme un atout pour redonner du souffle et de la crédibilité à l’IMA.
Contexte et enjeux
La proposition intervient après la démission de Jack Lang, qui a quitté la présidence début février suite à la révélation d’échanges avec un financier américain condamné pour crimes sexuels et décédé en prison en 2019. Sa sortie laisse l’Institut confronté à des questions d’éthique, de gouvernance et de stabilité financière.
À moins d’un contre‑ordre, la passation se fera à l’approche du 40e anniversaire de l’IMA, moment choisi par le ministère pour engager une ambitieuse remise à plat de la gouvernance de l’institution et de son rayonnement culturel.
Mesures annoncées par l’État
Le ministre a annoncé plusieurs chantiers immédiats pour accompagner la nouvelle présidence, à commencer par une mission d’inspection visant à examiner la situation financière et les ressources humaines de l’Institut.
- Audit financier et RH immédiat pour faire l’état des lieux.
- Limitation de l’âge : proposition de fixer à 64 ans l’âge maximal du président au moment de sa désignation.
- Plafonnement des mandats : réduction du nombre de mandats successifs complets autorisés.
- Comité déontologie et rémunérations à créer pour encadrer les prises de décision et les politiques salariales.
- Renforcement des règles : déclaration d’intérêts obligatoire et règles strictes sur l’acceptation de cadeaux et d’avantages.
Ces mesures répondent à une double exigence : restaurer la confiance et replacer l’institut sur une trajectoire financière durable, a insisté le ministère.
Des diplomates présents au conseil saluent la capacité de Mme Legendre à mener ce chantier, estimant qu’une présidence renouvelée doit à la fois consolider le rôle culturel de l’IMA et affirmer son utilité dans la diplomatie française envers le monde arabe.
Information confirmée par l’AFP et le ministère des Affaires étrangères.

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