Nétanyahou visé après révélation d’avertissements sur l’attaque du Hamas le 7 octobre

Une enquête parue dans la presse israélienne relance la controverse autour des avertissements reçus avant l’attaque du 7 octobre 2023 : selon le reportage, le président des Émirats arabes unis aurait informé Benyamin Netanyahou d’une opération imminente du Hamas. Le bureau du Premier ministre a démenti, mais l’affaire est devenue un enjeu politique majeur à un mois des élections législatives.

Le communiqué officiel du Premier ministre, publié mardi 8 septembre, rejette catégoriquement l’idée d’un appel direct émanant des Émirats pour signaler une attaque. Le cabinet indique que, si des éléments pertinents ont circulé, ils l’ont été via les « canaux de renseignement » habituels, et non par un contact téléphonique personnel.

De son côté, Abu Dhabi a choisi la prudence : le ministère des Affaires étrangères a refusé de confirmer ou d’infirmer les détails divulgués par la presse, rappelant toutefois que les renseignements nécessaires sont partagés « quand cela s’impose » entre acteurs concernés.

Une accusation qui tombe en pleine campagne

L’article d’Haaretz, extrait d’un livre à paraître, affirme que Mohammed ben Zayed aurait averti la semaine précédant l’attaque que le Hamas préparait une opération de grande ampleur. Si cette chronologie se confirmait, elle contredirait les explications fournies depuis par l’exécutif israélien et relancerait la controverse sur la gestion des signaux d’alerte.

Extrait de presse posé sur un bureau évoquant un livre à paraître
Un article extrait d’un livre à paraître relance la polémique.

Les réactions politiques ont été vives tout au long de la journée : figures de l’opposition et anciens responsables militaires ont repris à leur compte l’idée que des alertes n’auraient pas été traitées à la hauteur des risques, appelant à la responsabilité directe du Premier ministre.

  • Le bureau du Premier ministre : dément l’existence d’un avertissement direct des Émirats avant le 7 octobre.
  • Les Émirats arabes unis : refusent de commenter les conversations entre dirigeants mais affirment partager les renseignements utiles quand nécessaire.
  • L’opposition israélienne : réclame une commission d’enquête indépendante et juge la conduite du gouvernement incompatible avec la poursuite du pouvoir.
  • Contexte sécuritaire : les services israéliens expliquent que la conviction d’un statu quo durable à Gaza a contribué à la surprise stratégique.

Ce qui est en jeu

L’accusation touche autant la dimension sécuritaire que la crédibilité politique. À moins de trois semaines du scrutin du 27 octobre, toute remise en cause de la conduite du gouvernement pendant la crise risque de peser lourd dans l’opinion.

Sur le plan militaire et humain, le 7 octobre demeure l’un des chocs les plus profonds de l’histoire récente d’Israël : selon des bilans officiels israéliens compilés par l’AFP, 1 221 personnes ont été tuées lors de l’attaque initiale. La riposte israélienne à Gaza a, elle, causé des pertes massives : le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, décompte plus de 73 000 morts — chiffres utilisés et cités par les Nations unies.

Les appels à une commission d’enquête indépendante se font plus pressants. Le Premier ministre a jusqu’à présent refusé une structure nommée par la Cour suprême, invoquant la primauté des mécanismes internes de contrôle. L’opposition considère que seuls des magistrats extérieurs pourraient garantir une investigation impartiale.

Au-delà des responsabilités individuelles, l’affaire interroge la chaîne de transmission des renseignements et la manière dont les services et les décideurs évaluent les signaux faibles. Si des alertes ont effectivement circulé, la question devient : pourquoi n’ont-elles pas déclenché une réponse opérationnelle suffisante ?

À court terme, attendez-vous à une intensification des débats politiques et judiciaires. Cette affaire pourrait peser sur la confiance des électeurs et sur l’avenir de la direction politique israélienne.

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