PMA: après neuf tentatives, une Lyonnaise dénonce avoir dû chercher des soins à l’étranger

En 2025 la France a enregistré un tournant démographique inédit depuis la Seconde Guerre mondiale : le nombre de décès a dépassé celui des naissances. Alors que ce phénomène alimente les débats publics, des couples continuent pourtant de lutter pour concevoir — parfois en quittant le pays pour accéder plus rapidement à des soins de procréation médicalement assistée.

Un long parcours à l’étranger après neuf tentatives

Originaire de Lyon, Eugénie a raconté son parcours dans l’émission Dialogue Citoyen, après l’échec de sa neuvième tentative de PMA. Face aux délais annoncés pour une nouvelle prise en charge en France, elle et son partenaire ont choisi de se rendre à l’étranger pour poursuivre les traitements.

Voyageur avec documents médicaux et bagage près d'une porte d'embarquement
Les couples se tournent vers l’étranger pour contourner les délais français.

Organiser un protocole médical hors de ses frontières a été, selon elle, une épreuve logistique et émotionnelle : vols, rendez-vous, coûts supplémentaires et perte des repères habituels s’ajoutent à l’incertitude des résultats. Malgré la fatigue, elle affirme que son désir d’enfant reste intact.

Un appel à l’action des élus

Plusieurs responsables politiques reprennent ce thème pour réclamer des mesures concrètes. La sénatrice écologiste Anne Souyris appelle à accélérer l’accès aux soins en fertilité et à renforcer la disponibilité des dons. Pour elle, il faut « passer à la vitesse supérieure » afin de réduire les listes d’attente et mieux informer le public sur la pénurie de donneuses.

Elle attire également l’attention sur un facteur environnemental souvent évoqué : selon elle, les perturbateurs endocriniens contribuent significativement à la hausse de l’infertilité, un point qui, si confirmé, relance la question des politiques de prévention.

Obstacles identifiés

  • Délais d’attente prolongés dans les centres publics et privés.
  • Pénurie de donneuses d’ovocytes et manque de sensibilisation.
  • Coûts et complexité administrative liés aux soins à l’étranger.
  • Impact psychologique et social des parcours répétés d’AMP.
  • Facteurs environnementaux (notamment les perturbateurs endocriniens) susceptibles d’affecter la fertilité.

Ces obstacles poussent certains couples à explorer des alternatives hors de France, une réalité qui pose des questions d’équité : seuls ceux pouvant assumer les frais et la logistique peuvent contourner les délais nationaux.

Salle d'attente vide avec chaises, symbolisant les délais prolongés
Les délais d’attente dans les centres de PMA restent un obstacle majeur.

Quelles réponses possibles ?

Parmi les pistes évoquées par les professionnels et élus figurent l’augmentation des capacités des centres de PMA, des campagnes pour encourager les dons d’ovocytes, et une meilleure information du public sur les délais et options thérapeutiques. Des mesures de prévention contre les expositions environnementales sont aussi suggérées pour s’attaquer aux causes potentielles de l’infertilité.

Sur le plan politique, la conciliation entre accès aux soins, réglementations éthiques et financement public reste un défi majeur. Toute réponse durable nécessitera du temps et des arbitrages budgétaires.

Pour entendre le témoignage d’Eugénie et les échanges complets, l’entretien intégral est disponible dans l’émission Dialogue Citoyen.

Laisser un commentaire

Share to...