La sénatrice Alexandra Borchio Fontimp a officialisé sa candidature pour les sénatoriales des Alpes‑Maritimes sans attendre la décision du parti, déclenchant une multiplication de listes à droite à trois mois du scrutin. Ce remaniement local pourrait profiter à l’alliance d’Éric Ciotti, UDR/RN, qui vise à remporter deux à trois sièges le 27 septembre.
Les observateurs nationaux confient volontiers qu’il est délicat de décrypter la politique des Alpes‑Maritimes depuis Paris : alliances locales et appétits personnels y recomposent fréquemment les équilibres. Cette fois encore, la campagne sénatoriale montre la même complexité. Plusieurs cadres LR, sollicités en coulisses, évitent d’ouvrir le dossier publiquement.
Alexandra Borchio Fontimp a informé les médias qu’elle se présentera quoi qu’il arrive, investiture LR ou non. Élue sortante et conseillère départementale, elle peut compter sur des soutiens locaux notables, parmi lesquels le maire d’Antibes Jean Leonetti et le député Éric Pauget, qui soulignent sa capacité à rassembler une partie de l’électorat traditionnel de droite.
Comment expliquer le repli des créations d’entreprises en juin 2026 ?
Comment aider les étudiants à collaborer et à se connecter dès le premier jour ?
Une possible double investiture LR
Les enjeux sont concrets : cinq sièges sont à pourvoir dans le département. Après les municipales, la géographie politique locale a évolué — la ville et la métropole de Nice sont passées sous coupe UDR, tandis que le RN a triomphé à Menton et Cagnes‑sur‑Mer — et l’UDR/RN peut espérer emporter deux à trois mandats sénatoriaux.
Au niveau du parti, la commission nationale d’investiture (CNI) se réunit mardi 23 juin : l’hypothèse de travail est que LR puisse valider simultanément plusieurs sortants, comme cela s’est déjà vu ailleurs. Reste à savoir si les candidatures d’Alexandra Borchio Fontimp et de Dominique Estrosi‑Sassone seront toutes deux soutenues par la direction.
Rupture et stratégies locales
La décision de Borchio Fontimp accentue la fragmentation au sein de la droite départementale. Dominique Estrosi‑Sassone, qui conduira une autre liste, a dénoncé une initiative qui risque, selon elle, de diviser. La règle de parité et la configuration des grands électeurs compliquent toutefois la possibilité pour deux listes LR d’assurer l’élection de leurs têtes de liste.
Les soutiens de Borchio estiment qu’elle peut capter des suffrages importants sur le bassin ouest — Cannes, Grasse, Antibes — et grappiller une partie des voix au sein de la métropole niçoise. D’autres responsables locaux jugent en revanche que le nom Estrosi fait aujourd’hui débat dans le département et que tout résultat dépendra du comportement des grands électeurs le jour du vote.
- Date du scrutin : 27 septembre 2026
- Sièges en jeu : 5 pour les Alpes‑Maritimes
- Rendez‑vous décisif : commission nationale d’investiture LR, 23 juin
- Scénarios possibles : listes LR multiples ; percée possible de l’alliance UDR/RN (2–3 sièges)
Accords locaux et accusations de porosité
Plusieurs sources évoquent des négociations entre Éric Ciotti et le président du conseil départemental Charles Ange Ginésy, visant à coordonner l’apport des grands électeurs de la métropole et du département. Ginésy, contacté par la presse, se dit prêt à soutenir les candidatures qu’il juge « départementalistes », sans confirmer un pacte formel.
Des critiques ont ciblé Borchio Fontimp, l’accusant d’une proximité possible avec les forces menées par Ciotti. Elle récuse ces allégations et affirme vouloir composer une liste marquée LR, sans alliances avec l’UDR ou le RN, et siéger au groupe Les Républicains au Sénat.
La clé : Philippe Tabarot
Un autre enjeu clef concerne le sort du troisième sénateur sortant, Philippe Tabarot, aujourd’hui ministre des Transports. Il ambitionnait de conduire une liste et de proposer une place éligible à Dominique Estrosi‑Sassone ; cette option a été refusée par la sénatrice. Plusieurs élus estiment que Tabarot détient une part importante de la solution : trouver un accord entre candidats LR pourrait limiter la dispersion des voix.
Parallèlement, Éric Ciotti a saisi le procureur au sujet de propos que Philippe Tabarot aurait tenus envers le maire de Nice, selon un signalement transmis récemment. L’affaire est désormais en cours d’examen et jette une ombre supplémentaire sur les tractations locales.
À trois mois du scrutin, la droite des Alpes‑Maritimes apparaît fragmentée et les équilibres peuvent basculer selon le comportement des grands électeurs et les décisions prises lors de la CNI. Pour les élus et les stratèges, l’enjeu est double : préserver des sièges acquis en 2020 et freiner l’avance d’une alliance UDR/RN qui entend capitaliser sur ses succès municipaux.
Sur le terrain, la campagne s’annonce tendue et imprévisible : chaque réunion, chaque retrait ou soutien d’élu peut modifier la donne avant la date fatidique. Les Alpes‑Maritimes restent ainsi une zone clé pour mesurer la recomposition de la droite à l’approche des élections sénatoriales.

Julien Martel analyse l’actualité locale, nationale et internationale avec un regard factuel et accessible. Vous bénéficiez de ses décryptages pour comprendre les événements mondiaux et leurs répercussions concrètes sur votre quotidien. Son approche privilégie la clarté, le contexte et l’utilité de l’information.









