Je n’ai découvert mon TDAH que tard dans la vie, après des années à attribuer mes difficultés scolaires à la paresse. Enseignant de mathématiques, j’ai transformé ces contraintes en forces en repensant mes stratégies d’enseignement et mes méthodes d’évaluation. Mon parcours m’a poussé à créer une classe plus visuelle, structurée et inclusive, où la neurodivergence devient une ressource pédagogique. Les ajustements que j’ai faits servent aujourd’hui autant mes élèves que ma manière de travailler.
En quoi le TDAH a-t-il modifié ma façon d’enseigner?
Comment mon TDAH a transformé ma gestion de classe et mon enseignement ?
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Le diagnostic tardif a changé ma lecture de l’expérience éducative. Avant, la fatigue cognitive me rendait répétitif et moins précis après plusieurs cours. J’ai rapidement compris que la variabilité de mes explications gênait la continuité des apprentissages.

La nécessité d’alléger ma charge mentale m’a conduit à formaliser des routines et des supports constants. Ces aménagements ont aussi aidé des élèves qui avaient besoin d’un apprentissage plus structuré. Peu à peu, ma gestion du temps et de l’énergie est devenue une force pédagogique.
Comment ai-je repensé l’introduction des nouvelles notions?
J’ai remplacé une partie des explications orales répétées par des vidéos pédagogiques courtes créées à l’avance. Les élèves regardent ces vidéos avant la classe et prennent des notes ciblées. Ce format garantit que chaque groupe reçoit la même qualité d’explication.

La possibilité de mettre pause ou revenir en arrière profite aux élèves qui traitent l’information différemment. J’ai observé une hausse de l’autonomie et de la rétention des concepts. Vous remarquerez souvent une meilleure fluidité lors des activités en présentiel.
En parallèle, j’ai privilégié des tâches mathématiques à plusieurs voies de résolution afin de stimuler la créativité. Le travail sur tableaux verticaux permet d’afficher la pensée mathématique en direct. Cette visibilité réduit la sollicitation de ma mémoire de travail et enrichit l’échange.
De quelle manière j’ai transformé l’évaluation pour rendre le feedback utile?
La correction traditionnelle d’une pile de copies m’épuisait et offrait peu d’impact réel. Désormais, j’évalue les travaux lors de conférences individuelles avec l’élève. Cette pratique produit des retours immédiats et contextualisés.
Durant ces conférences, l’élève note le feedback et inscrit sa progression dans un suivi personnalisé. Ce processus favorise la responsabilisation et diminue le temps que je passais à saisir les notes administrativement. Le dialogue remplace une annotation souvent ignorée sur une feuille.
Le tableau ci-dessous compare les modes d’évaluation et montre les bénéfices concrets de la méthode actuelle.
| Aspect | Ancienne pratique | Nouveau dispositif |
|---|---|---|
| Introduction du contenu | Leçon orale répétée | Vidéos pédagogiques identiques pour tous |
| Feedback | Commentaire écrit après coup | Conférence individuelle et suivi |
| Autonomie des élèves | Faible reprise des remarques | Enregistrement des progrès par l’élève |
| Charge de travail enseignant | Élevée et irrégulière | Répartie et plus systématique |
Quels outils et routines favorisent la réussite en classe?
La mise en place d’outils simples a transformé la journée scolaire. Les tableaux verticaux rendent la pensée visible en temps réel et encouragent la collaboration. Les rubriques de notation aident à clarifier les attentes et à structurer l’autoévaluation.
Voici quelques ressources et pratiques que j’utilise régulièrement et que vous pouvez adapter en classe:
- Vidéos pédagogiques courtes créées par l’enseignant ou sélectionnées avec soin
- Tableaux verticaux pour le travail collaboratif
- Rubriques claires pour l’auto-évaluation et l’évaluation par les pairs
- Temps réservé en cours pour les conférences individuelles et la saisie du suivi
Ces routines diminuent l’urgence de répéter des explications et offrent des points d’entrée variés pour les élèves. Elles constituent aussi des leviers concrets pour que la neurodivergence devienne un vecteur d’innovation pédagogique.

Sophie Lambert traite des enjeux éducatifs locaux en lien avec les évolutions nationales et internationales. Vous comprenez mieux les réformes, les innovations pédagogiques et les nouvelles formes d’apprentissage.








