Les réquisitions du parquet général ont commencé mardi à la Cour d’appel de Paris dans le procès en appel concernant les assistants parlementaires européens du Front national, devenu Rassemblement national. Elles sont scrutées de près : l’issue pourrait décider du statut électoral de Marine Le Pen à moins de trois ans du scrutin présidentiel de 2027.
Un après‑midi de plaidoiries puis de réquisitions
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Ouvertes vers 13 heures, après les interventions de la partie civile le matin, les réquisitions ont été annoncées comme longues — près de six heures attendues — et denses sur le plan juridique. Les deux avocats généraux, Stéphane Madoz‑Blanchet et Thierry Ramonatxo, ont posé d’emblée le cadre en demandant que la cour confirme largement la responsabilité pénale retenue en première instance.
Le ministère public a rappelé que sa position s’inscrit dans la continuité du jugement rendu le 31 mars par le tribunal correctionnel de Paris, qui avait condamné Marine Le Pen à quatre ans de prison (dont deux avec sursis), à une amende de 100 000 euros et surtout à cinq ans d’inéligibilité exécutée immédiatement.
Accusations de mise en cause de l’autorité judiciaire
Les représentants du parquet ont aussi accusé la défense d’avoir mené une stratégie visant à décrédibiliser la procédure judiciaire depuis ses débuts. Selon eux, la contestation s’est traduite par une série de recours et par des attaques virulentes contre les magistrats après le premier jugement.
Les magistrats ont rappelé un principe central : exercer une fonction élective n’exonère pas d’un contrôle judiciaire renforcé. Ils ont également insisté sur le rôle du juge comme applicateur de la loi, non comme protagoniste des logiques politiques. Malgré la fermeté des réquisitions, ils ont souligné que les débats d’appel se déroulaient dans un climat plus calme que lors de l’audience précédente.
Ce qui se joue pour 2027
Bien que la cour d’appel ne soit pas tenue de suivre les réquisitions du parquet, celles‑ci constituent un signal important sur l’orientation que souhaite donner le ministère public au dossier. Seule une peine d’inéligibilité inférieure à deux ans — et l’absence de mesures perçues comme incompatibles avec une campagne, comme un bracelet électronique — offrirait à Marine Le Pen la possibilité administrative de se présenter en 2027.
La dirigeante du RN a indiqué qu’elle serait présente lors des réquisitions mais qu’elle n’interviendrait pas à l’issue de celles‑ci. Elle ne compte pas non plus reprendre la parole avant la clôture du procès, fixée au 12 février, date après laquelle les plaidoiries de la défense auront lieu.
- Condamnation actuelle (tribunal correctionnel, 31 mars) : 4 ans de prison (2 fermes), 100 000 € d’amende, 5 ans d’inéligibilité avec exécution immédiate.
- Issue possible favorable à Le Pen : inéligibilité réduite à moins de 2 ans et pas de contrainte matérielle incompatible avec une campagne.
- Conséquence politique : si l’inéligibilité est confirmée, Jordan Bardella apparaîtrait comme le candidat naturel du RN, marquant une première présidentielle sans membre de la famille Le Pen en tête de liste.
- Calendrier : audience de clôture le 12 février ; décision de la cour attendue d’ici l’été.
Au‑delà des personnes, le procès pose une question institutionnelle : comment concilier la tenue d’un procès pour détournement de fonds publics couvrant la période 2004‑2016 et les répercussions immédiates sur l’offre politique pour l’élection majeure qui s’annonce. Pour le Rassemblement national, la décision de la cour d’appel déterminera non seulement le sort d’une figure historique du parti, mais aussi l’architecture de sa candidature et sa stratégie pour 2027.
Sur le plan judiciaire, la suite de la procédure illustrera également la façon dont les juridictions d’appel tranchent lorsque la première instance a rendu une décision lourde de conséquences politiques et administratives.
Points à retenir
La journée de réquisitions marque une étape cruciale du procès en appel. Les enjeux dépassent le dossier pénal lui‑même : ils touchent au calendrier politique national et à l’organisation interne d’un parti désormais confronté à l’hypothèse d’une succession non familiale.

Julien Martel analyse l’actualité locale, nationale et internationale avec un regard factuel et accessible. Vous bénéficiez de ses décryptages pour comprendre les événements mondiaux et leurs répercussions concrètes sur votre quotidien. Son approche privilégie la clarté, le contexte et l’utilité de l’information.








