Para-athlète afghane forcée de fuir pour survivre: son témoignage choc

Zakia Khudadadi porte aujourd’hui le kimono tricolore après avoir fui l’Afghanistan en 2021 — un parcours qui transforme la trajectoire d’une championne en symbole des sportifs réfugiés. Son récit, mêlant risque de mort, appel public à l’aide et succès sur les tatamis, éclaire les enjeux actuels de l’accueil et de l’intégration dans le sport français.

Au cœur de son histoire : l’effondrement de l’ordre installé à Kaboul à l’été 2021 et la menace immédiate qui s’est abattue sur les athlètes féminines. Contrainte de choisir entre renoncer à sa carrière ou s’exiler, la para-taekwondoïste a opté pour la fuite.

Un appel qui a tout changé

Smartphone montrant une vidéo tournée pour demander de l'aide sur les réseaux sociaux
L’appel public de Zakia sur les réseaux a déclenché son évacuation.

Face à l’urgence, elle a publié une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle elle donnait ses coordonnées pour être localisée — une démarche risquée mais nécessaire pour obtenir de l’aide. Quelques heures après, les services français chargés du sport ont pris contact, amorçant son évacuation et son arrivée en France.

Dans l’émission Sport etc… sur Public Sénat, animée par Caroline Delage, Zakia a retracé ce moment décisif et le poids de la décision : continuer à s’entraîner, au péril de sa vie, ou tout abandonner. Ce choix a scellé le reste de son parcours sportif et personnel.

De l’équipe des réfugiés à l’équipe de France

Athlète en tenue de compétition sur un podium d'entraînement, drapeau français en arrière-plan flou
De la délégation des réfugiés aux couleurs de la France : progression sportive et intégration.

Privée de nationalité française au moment des Jeux, elle a d’abord concouru sous la bannière de la délegation des réfugiés lors des Jeux paralympiques de Paris 2024, où elle est montée sur le podium. Par la suite, intégrée au système d’entraînement français et accueillie par l’INSEP, elle a acquis sa place au sein de l’athlétisme national et remporté, en octobre, une médaille d’or aux championnats d’Europe.

  • Août 2021 : prise de pouvoir des talibans et menace pour les femmes sportives en Afghanistan.
  • Automne 2021 : appel public aux secours et intervention des services français.
  • 2024 : participation aux Jeux paralympiques sous la bannière des réfugiés et médaille de bronze.
  • Octobre (année suivante) : titre européen en para-taekwondo, désormais licenciée sous les couleurs de la France.

Sa progression, de l’exil aux podiums, illustre la capacité des structures sportives françaises à offrir des conditions d’entraînement sûres et un accompagnement adapté — mais elle pose aussi des questions plus larges sur les parcours administratifs, la naturalisation et la visibilité des athlètes venus d’ailleurs.

Pour Zakia, la victoire dépasse le cadre individuel : « Je me suis battue pour continuer, pas seulement pour moi », confie-t-elle, évoquant la responsabilité d’ouvrir la voie à d’autres femmes et à d’autres para-athlètes afghanes.

Le cas de Zakia Khudadadi a des implications concrètes pour les politiques publiques : mieux identifier et protéger les sportifs menacés, accélérer les procédures d’accueil et renforcer les filières d’accompagnement sportif et social. À court terme, sa présence sur la scène internationale rappelle aussi l’importance du sport comme vecteur d’intégration et de visibilité pour les réfugiés.

Pour revoir son témoignage complet, l’entretien est disponible en intégralité dans l’émission Sport etc… diffusée sur Public Sénat.

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